Tranchons la pomme de discorde en deux : rédaction inclusive et point médian

Comment j'utilise le point médian

Je voudrais vous parler de façon plus détaillée de mon approche de la rédaction inclusive dans une série d’articles, en commençant par sa pomme de discorde, le point médian. Comme ça, c’est dit.

Déjà, vous aurez noté que je parle de rédaction et pas d’écriture inclusive, pour une raison principale : selon un raccourci très répandu, écriture inclusive = point médian, et point médian = c’est moche, illisible, et que vont dire les dyslexiques, etc. Pour moi, la rédaction inclusive va bien plus loin qu’une paire de points médians qui se battent en duel, c’est une approche complète. (Vous aussi, maintenant, vous imaginez les points avec un fleuret et un chapeau à plume, ou c’est moi qui abuse du Dumas?)

Si vous lisez mon site plus attentivement, vous noterez qu’il est écrit en langue inclusive ! (À part une ou deux occurrences conscientes de « traducteur », glissées là car, malheureusement, même si cette profession est exercée à 80% par des femmes, les gens ont l’habitude de chercher des hommes.) Site en langue inclusive… mais sans point médian. Car si vous n’aimez pas ça, moi non plus. Si on me le demande, je peux l’utiliser, mais tant que c’est possible, je cherche (et trouve) d’autres solutions, plus lisibles et plus élégantes.

Je ne suis pas opposée à ce signe de ponctuation pour autant

Cependant, je comprends celles qui pratiquent l’écriture inclusive dite “ostentatoire”, qui se voit et s’affirme comme un acte politique, et je soutiens totalement la démarche, loin de moi l’idée de dire que le militantisme doit impérativement être discret. Le problème du point médian se pose véritablement quand il est utilisé n’importe comment (souvent dans un texte pas si inclusif que ça, d’ailleurs). Mon conseil : prendre le temps de se demander pourquoi on décide d'adopter ou rejeter une idée, prendre conscience de ce qu’on fait, de ce qu'on pense, de ce qu'on croit. Quoi qu’on décide, c’est toujours mieux que de reproduire machinalement ce qu’on nous a appris sans jamais s’interroger. (Ce qui est valable pour tout dans la vie.)

(À propos de la dyslexie comme argument anti-point médian, l’argument me gêne à un autre niveau : je trouve qu’elle sert un peu de faire-valoir, d’excuse. Pour vraiment faciliter la vie des dyslexiques, il serait sans doute plus intéressant, par exemple, de penser les textes en Français facile à lire et à comprendre (FALC), une compétence que je compte bien développer, toujours dans un souci d’inclusivité. Là encore, il s’agit de penser aux textes dans leur globalité, pas sous forme de mots pris séparément. Affaire à suivre!)

Vous voilà plus tranquilles?

Si vous aussi, vous souhaitez une communication inclusive ET élégante (que vous aimiez ou non le point médian), parlons de votre projet !