Cet article est pour vous si vous avez envie d’une écriture inclusive élégante, sans point médian. Comme l’indique le titre, le langage non sexiste n’est pas la seule facette, j’y reviendrai dans d’autres articles. Si vous vous demandez encore pourquoi le masculin l’emporte sur le féminin, j’en parle ici.

Pourquoi cet article ? Je parle un peu partout sur la toile des différentes méthodes qui existent en plus du point médian (mon avis sur ce dernier dans cet article), mais comme personne ne peut retrouver tous les petits cailloux, beaucoup se disent “C’est bien gentil, mais je fais quoi.” Me voici donc avec cet article qui centralise toutes ces méthodes !

À la fin de cet article, vous comprendrez pourquoi c’est une erreur de dire que “l’écriture inclusive, c’est moche et illisible” avec une fin de non-recevoir. En appliquant ces méthodes (où j’omets volontairement le point médian et autres symboles typographiques), vous vous apercevrez que la plupart des gens ne se rendront pas compte que vous écrivez en langue inclusive (parce que ce n’est pas moche et illisible, si ça ce n’est pas un beau raisonnement circulaire). De quoi refléter vos valeurs dans la langue sans pour autant perdre en style.

Tout d’abord, quelques conseils et bonnes pratiques

Oui, mais… Les objections

Pas besoin de s’y intéresser pendant des heures pour constater que l’écriture inclusive a le chic pour déchaîner les oppositions. Mais ceux qui luttent bec et ongle contre ne sont-ils pas ceux qui luttaient avant contre le droit de voter, de conduire, d’étudier de certaines catégories de personnes… Donc je crois que ça ne doit pas décourager les bonnes volontés.

L’écriture inclusive appauvrit la langue

Question de point de vue. La langue est un outil. Un marteau peut servir aussi bien à blesser ou construire une maison. Le problème n’est pas l’écriture inclusive, mais la façon dont vous vous l’appropriez. Vous verrez que bien utilisés, ces conseils pourront même vous aider à enrichir votre vocabulaire, améliorer votre style, en vous poussant à vous interroger sur vos choix de mots, chercher des synonymes, des alternatives…

L’écriture inclusive, c’est lourd

Et bien, pas nécessairement. Vous allez voir que souvent, le plus simple, c’est d’en enlever, pas d’en rajouter.

Comment utiliser ces conseils

En parler c’est bien, appliquer, c’est mieux. N’essayez pas de tout retenir d’un coup, Rome ne s’est pas construite en un jour. Choisissez une ou deux méthodes qui vous plaisent, testez-les, puis recommencez avec d’autres une fois que vous êtes à l’aise. N’attendez pas la perfection pour commencer.

Utiliser des tournures inclusives, oui, mais la démarche ne doit pas s’arrêter là

Pensez aux autres formes de représentation

  • les images
  • la composition des panels de spécialistes que vous invitez
  • les femmes ne sont pas la seule minorité à mettre en valeur, ni la seule qui souffre dans la langue !

Oubliez les solutions uniques

Le choix de telle solution plutôt qu’une autre se fait en fonction du contexte, de l’objectif du texte, de la place des termes (titre, corps de texte), du lectorat, des souhaits de votre clientèle…

Dans certains contextes, il vaut mieux privilégier les formes féminines pour rendre visibles les femmes dans les secteurs où elles sont habituellement absentes (je pense notamment à la politique et aux sciences).

Dans d’autres, il vaut mieux privilégier les tournures neutres et épicènes (qui prennent la même forme au masculin ou au féminin) pour ne pas exclure les personnes non binaires, trans

Daus d'autres textes encore, ouvertement militants, l'écriture inclusive peut se rendre visible sans complexe. Welcome, les points médians, "iels" et autres néologismes !

De la même manière, certaines solutions sont plus faciles à utiliser que d’autres en combinaison avec des adjectifs, ce qui peut influencer votre choix.

Je le dis et le répète, l’idée est de commencer à réfléchir consciemment à son utilisation de la langue. Pas de plaquer un modèle tout fait et appris de manière scolaire à la place du précédent.

Et maintenant, place aux techniques

Les méthodes d’écriture non sexiste

Pour commencer, il faut identifier les mots masculins qui désignent des personnes (et pas expressément des hommes bien précis, naturellement. Bien sûr, tout cela ne s’applique PAS si le masculin désigne un homme clairement identifié comme tel ! (Ça me paraissait évident, mais ça ne l’est pas pour tout le monde)). Oubliez les tables et autres guéridons, un argument qui revient assez souvent. On parle bien de personnes, les objets inanimés n’ont pas de sentiments ni de genre autre que le genre grammatical, et n’ont rien à faire dans la discussion (tiens, je me demande si “homme de paille” aurait son équivalent générique ?).

Puis on substitue ces termes.

En bonne traductrice, je vous dirai que le CONTEXTE est toujours primordial. Souvent, les informations contenues dans ce masculin générique qui vous gêne sont ou peuvent être contenues ailleurs dans la phrase ou le texte, il ne faut pas avoir peur de déplacer l’info.

Tout comme on ne traduit pas forcément un verbe par un verbe, on n’est pas obligé de remplacer un nom masculin par un autre nom. Et ce ne sont pas les alternatives qui manquent !

(Tous les exemples suivants sont tirés de la vie réelle. Du concret, on a dit, du concret.)

Les figures de style

  • « Déshumaniser » par un nom collectif : les employés → l’équipe ou l’entreprise ; les habitants → la population ; les soignants → le personnel soignant
    • en remplaçant la personne par la fonction : les traducteurs → les métiers de la traduction ; les sophrologues → la sophrologie
    • ou bien en décrivant l’action plutôt que le métier : Nous faisons appel à un photographe → Nous organisons une séance photo
  • Métonymie (fait d’exprimer une réalité en utilisant un mot différent qui a un rapport avec la première). Par exemple : les habitants de Rome/les Romains → Rome ; les avocats → le barreau
  • Adresse directe : Les participants doivent apporter un stylo → Pensez à apporter un stylo ; le sophrologue fait XYZ → votre sophrologue fait XYZ

La reféminisation

  • Les doublets : les traducteurs et traductrices
  • Nommer les femmes au féminin, tout simplement : l’ambassadrice, la pharmacienne…
  • La féminine générique ou féminin générique : au lieu de tout accorder au masculin, tout accorder au féminin. Très utile si votre public est essentiellement ou majoritairement composé de femmes.

La neutralisation

  • Termes épicènes (qui se disent pareil au masculin et au féminin) : les experts → les spécialistes. Pour ça, je vous renvoie au dictionnaire d’Isabelle Meurville 
    • Quand le contexte est suffisamment clair, penser aux hyponymes/hyperonymes : par exemple, cardiologue, oncologue et pédiatre sont des hyponymes de médecin et “médecin” est l’hyperonyme (tous les cardiologues sont des médecins, mais tous les médecins ne sont pas cardiologues). Ou encore sculpteur → artiste
  • Chiffre (surtout avec les épicènes) : un psychologue → 1 psychologue
  • Apocope (suppression d’une ou plusieurs syllabes à la fin d’un mot) : professeur → prof
  • Néologismes militants, plus concis qu’un doublet : autaire, rédactaire ou traductaire au lieu d’auteur, rédacteur, traducteur. Sans oublier le fameux "iel" au lieu de il ou elle (ça ne résout pas le problème de l’accord des adjectifs)

La réécriture

J’aurais peut-être dû commencer par là, car c’est souvent la solution la plus simple et celle qui améliorera le plus vos textes (et pas que pour l’écriture inclusive)

  • Omission : et oui, quand le contexte est assez clair, le plus simple c’est d’enlever des mots, pas d’en rajouter : le psychologue et le sophrologue collaborent → psychologue et sophrologue collaborent ; Le Comité d’entreprise a proposé une animation aux employés → Le Comité d’entreprise a proposé une animation (on se doute bien que c’est pour le personnel de l’entreprise)
  • Reformuler : se demander si l’info portée par un nom masculin désignant une personne ne peut pas être précisée ailleurs. Une question à se poser : est-ce qu’on a vraiment besoin de savoir qu’une personne a fait l’action. 
    • ou encore, passer de la voix passive à la voix active : les retraités sont épargnés par la crise économique → la crise économique épargne les personnes à la retraite

Si ces méthodes vous ont convaincue et que vous voulez les mêmes dans vos textes, contactez-moi, je vous accompagnerai dans la rédaction, la traduction ou l’adaptation de vos textes en langue inclusive.

 


Photo de profil Claire Michelon

Salut ! Je m’appelle Claire et je suis là pour vous aider à traduire et créer des textes inclusifs qui reflètent vos valeurs et la culture de votre entreprise, ou les rédiger pour vous !

Si ce type de contenus vous intéresse, vous pouvez aussi me retrouver sur Instagram et LinkedIn, où je parle régulièrement de ces questions et réponds à vos questions. 

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